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Métiers de la recherche, de l’enseignement Métiers du juridique

Victor AUDUBERT

Docteur en Droit Public – Sciences Po Rennes – Rennes – Promotion 2015

Portrait réalisé par Adélie Collin et Alexis Houssemand – Premières années promotion 2020-2021

Son parcours

Après avoir effectué un master 2 à l’École des Hautes Études en Sciences Sociales (Paris) et avoir été diplômé de Sciences Po Rennes en 2015, lassé du droit public ; j’ai connu un “déclic intellectuel” concernant mon intérêt pour la recherche en sciences sociales . C’est pourquoi j’ai effectué un doctorat en droit public à l’université Paris 13, dont le sujet de thèse portait essentiellement sur le constitutionnalisme bolivien. Je travaille depuis 2019 à Sciences Po Rennes, en tant que chargé de conférences de méthode en droit constitutionnel, en attendant d’être officiellement titularisé à l’université. 

Son année à l’étranger

J’admets avoir été relativement ennuyé par mes deux premières années, d’où mon choix de partir en Amérique du Sud, non afin d’aller à l’université mais bien de s’y dépayser. Mon choix s’est en particulier posé sur la Bolivie parce qu’elle me semblait être le pays le moins occidentalisé et dont la culture est la plus étrangère à la France. Le souvenir de mon exposé concernant Evo Morales en cours d’espagnol m’a particulièrement poussé à idéaliser la Bolivie, que je voyais être le « Cuba du XXIème siècle ». Mais j’ai vite retrouvé mes esprits : la Paz, ville bolivienne importante, se trouve à au moins 4000 mètres d’altitude et la culture locale ne paraît pas toujours chaleureuse aux premiers abords, en particulier face aux étrangers. J’y ai effectué un stage dans une ONG, mais je dois avouer avoir aussi été lassé par cette activité qui ne m’a pas forcément apporté beaucoup. 

Mais par dessus tout, c’est le dépaysement et le changement radical de mode de vie qui m’ont profondément marqué ; j’y ai ressenti une intense bouffée d’air frais et rencontré de nombreux amis que je côtoie encore de nos jours. Enfin, ce voyage m’a permis d’être (enfin) autonome, loin de ma famille et de mes amis, et de me développer personnellement. 

Un fait marquant

J’ai éprouvé beaucoup de plaisir en rejoignant le club théâtre dès la première année ; si cette année a été pour moi synonyme d’insouciance et de joies en tout genre, je garde un souvenir impérissable de la très romantique pièce Roméo et Juliette. Et même si mon rôle dans une pièce de Georges Feydeau m’a empêché de regarder le débat de l’élection présidentielle de 2012, je persiste et signe : le club théâtre a été une formidable expérience. 

Ses attentes

Je viens d’un lycée de banlieue nantaise, je me suis inscrit au concours de Sciences Po un peu par hasard. J’y ai découvert une pluridisciplinarité que j’ai beaucoup appréciée,  accompagnée d’une qualité de cours fortement intéressante. Néanmoins, j’estime, avec du recul, que j’aurais aimé être plus informé et accompagné pour trouver des stages. Je trouve que c’est dans ce domaine que sont mises à jour les inégalités entre les étudiants qui possèdent déjà un réseau de contact et les autres, qui se retrouvent alors avec des stages assez peu stimulants.

De même, à l’époque, j’estimais qu’il fallait supprimer les grandes écoles et les fusionner avec les universités, modifier le système de notation et de hiérarchie entre élèves et professeurs, mais cela n’est, pour moi, pas dû à Sciences Po mais plutôt au système éducatif français de manière générale.

J’insiste tout de même sur le fait que j’ai été très satisfait de mon parcours à Sciences Po Rennes et témoigne de ma reconnaissance quant à la possibilité pour les étudiants de quatrième année de pouvoir  partir faire leur master en cinquième année dans d’autres universités tout en gardant le master de l’IEP.

L’avenir de Sciences Po Rennes 

Selon moi, en ce qui concerne l’IEP, il y a deux écoles et courants de pensée qui s’affrontent, entre ceux qui aimeraient faire de Sciences Po Rennes une école de management/de commerce, plus professionnalisante, en mettant l’accent sur l’alternance. De l’autre côté, l’IEP pourrait se développer en tant qu’école de sciences sociales, lieu d’émancipation où l’on réfléchit et où l’on se confronte. 

Pour moi, l’idéal se trouve autre part, et il faudrait se concentrer sur une évolution qui se porterait plutôt sur la suppression progressive des notes, une transformation des cours en amphithéâtres en séminaires : lieux de partage et de réflexions entre étudiants et enseignants, et une place plus large accordée à l’initiative étudiante. 

Je souhaite aussi rappeler que Sciences Po Rennes est déjà et reste, pour moi, un lieu où il existe une forte inclusion sociale, qui possède une majorité de femmes, et qui apporte des connaissances assez différentes que celles qui existent à l’université, comme le cours sur les « Gender Studies » qui m’a beaucoup marqué lors de mon cursus.

La raison d’être de Sciences Po Rennes 

Pour moi, les maîtres-mots qui devraient définir la raison d’être de Sciences Po Rennes seraient « émancipation, autonomie des étudiants, et citoyenneté ».