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Métiers de la recherche, de l’enseignement

Hermel JAWORSKI

Professeur d’histoire – Nantes – Promotion 2016

Portrait réalisé par Samuel Briand & Coline Ros – Premières années promotion 2020 – 2021

Son parcours

Entré à Sciences Po Rennes en 2009, j’ai choisi cette école dans la continuité du Bac ES et de sa proximité avec la ville de mes parents. Mon projet à l’époque était avant tout de m’enrichir intellectuellement et l’Institut était le bon endroit pour cela. J’ai choisi de suivre la section Politique et Société. En 5ème année, je suis entré dans le master « Globalisation et gouvernance » à l’IEP de Lyon. 

Après avoir terminé mon master à Sciences Po Lyon, je décide de me tourner vers l’éducation en devenant professeur d’Histoire-Géographie, une matière qui m’est chère pour sa polyvalence et les clés qu’elle donne pour comprendre les enjeux contemporains, un concentré de ce qui m’avait marqué personnellement lorsque j’étais moi-même élève et que je souhaitais maintenant partager. Je consacre donc une année à préparer le concours du CAPES afin de pouvoir enseigner dans la région de Nantes, d’où je viens.

L’année suivante se fera donc en tant que stagiaire au collège Saint Donatien de Nantes, où j’entre en contact avec le monde de l’éducation ainsi qu’avec les élèves. Malheureusement, l’activité de professeur et les relations avec les élèves se révèlent très différentes de tout ce que j’ai pu apprendre durant ma formation, et l’inspection ne validera ni ma première année de stage, ni la seconde. Je me retrouve donc en 2019 sans emploi, mais je veux désormais me consacrer à une activité, à une cause qui a du sens pour moi. Je me rends compte en cherchant autour de moi que certains anciens élèves de Sciences Po ont pu se reconvertir dans des champs d’activité très différents, et qu’une carrière académique n’est pas obligatoire. Sensible aux problématiques écologiques, j’entreprends une formation dans « Le campus de la transition », où je retrouve des anciens élèves de grandes écoles qui comme moi, souhaitent se détacher du modèle de société dominant et travailler dans l’écologie. 

J’ai vécu plusieurs mois dans un éco-village au nord de Nantes, c’est-à-dire une communauté d’habitants solidaires qui travaillent en commun et partagent les tâches dans le respect de l’environnement. Cela permet de mettre en adéquation la théorie et la pratique : la diversité des travaux permet de développer des compétences manuelles tout en utilisant ce que j’ai appris durant sa scolarité dans la mesure où l’on réfléchit à un autre modèle de société. Je ne regrette donc pas mon parcours scolaire, qui m’a permis de déconstruire les mécanismes du système pour le comprendre, et je suis heureux de mon projet de vie car je lui trouve du sens.

Son année à l’étranger

Pour ma 3e année, je projetais de partir en Angleterre, mais j’obtiens finalement mon premier choix qui m’envoie à Ottawa au Canada. Là-bas, j’étudie des matières telles que les sciences politiques, l’anthropologie de la religion ou le portugais. Mon but était plus de m’enrichir intellectuellement que de me professionnaliser. Mon voyage m’a aussi permis de découvrir un nouveau rapport aux français qui ne sont qu’une minorité là-bas, un peu décentrée, contrairement à la situation en France. Cette année m’a également permis de découvrir le système Nord-Américain dont je garde aujourd’hui d’assez mauvais souvenirs. En effet, le manque d’accompagnement par ce système a finalement provoqué mon décrochage scolaire ainsi qu’une dépression. En redoublant ma 3e année en Italie, j’ai donc cherché un système inverse et j’ai finalement trouvé mon compte dans l’Institut Universitaire Sophia. Ce petit établissement offrait une grande diversité d’origines des étudiants ainsi qu’une vie étudiante riche. Là bas, j’ai choisi des cours assez éloignés du parcours de Science Po comme par exemple la théologie ou la philosophie, mais ces cours m’ont offert un approfondissement théorique des sciences sociales me permettant de mieux continuer mes études à Sciences Po Rennes par la suite.